2022 : un projet au féminin

Articles, Photo

Oui, nouvelle année, nouveaux défis, et du coup nouveau projet !

Alors voilà, je voudrais réaliser un projet avec des femmes. Des femmes « normales », c’est à dire aussi uniques que magnifiques, naturelles, joyeuses, vivantes.

Je dois peaufiner les détails, mais d’ores et déjà je lance des candidatures.


Que vous soyez mince ou pas, petite ou grande, blonde, brune, rousse, violette, pâle ou pas, tatouée ou pas, bref vous êtes vous et j’aimerai vous prendre en photo.


Ce sera peut être du nu, peut être du groupe, mais surtout du vrai.


Les critères de sélection : être motivée, et disponible le moment venu (pour ça on s’arrangera!)

Alors si vous êtes intéressée, ou si vous avez des copines qui pourraient l’être, un petit message et on en discute.
Messieurs, vous pouvez aussi en parler à vos amies/amantes/amoureuses … (et je ne vous oublie pas, il y aura des projets pour vous aussi !

Pour créer le lien

Photo

Beaucoup de photographes disent qu’ils reçoivent peu de demandes de shootings. Surtout de la part de personnes « normales », par opposition à celles dont le physique correspond aux canons actuels : minces, athlétiques.
Je comprends leur questionnement, malgré des appels du pied pour des projets qui seraient ouverts à tous sans distinction.

De même, beaucoup de personnes ont du mal à franchir le pas : timidité, manque de confiance en soi, mauvaise image, peur des regards et des jugements, dont le plus sévère est le sien propre.
Dans une société où le corps a une grande importance, cela peut être intimidant, voire décourageant, de feuilleter les portfolios et de se comparer à ce qui est généralement montré. La grossophobie, les jugements, le sentiment de ne pas être assez bien, assez beau ou belle, tout cela se sont des freins puissants à passer le pas.
L’acception de soi est un chemin difficile, ardu, et la photo de nu peut être une épreuve ou un véritable défi à relever.

Créer l’envie de se lancer dans une séance photo n’est pas aisé, et je comprends un certain découragement des photographes à trouver des modèles prêts à tenter l’aventure. C’est un travail qui peut être difficile.

Alors je vous propose quelques pistes, pour les uns comme pour les autres, qui peuvent aider.

Pour les photographes, faites attention au vocabulaire que vous utilisez. Certains mots peuvent d’emblée placer le sujet en porte à faux : rond.e, hors normes, plus size, atypiques, sont des termes qui catégorisent beaucoup trop strictement, et qui renvoient un mauvais signal. En effet, cela demande d’accepter d’emblée que l’on n’est pas « dans la norme », et catégorise un peu brutalement.
Préférez original, charme, mettez l’accent sur ce qui vous intéresse et sur ce qui vous « parle ».

Plutôt que d’attendre qu’on vienne vous chercher, furetez sur les réseaux sociaux, observez, et proposez aux personnes que vous aimeriez photographier vos services. Attention toutefois à bien vous exprimer sur les raisons de votre démarche, certaines personnes pourraient malheureusement y voir une tentative de séduction. Il y a hélas beaucoup trop de pseudos photographes amateurs qui se servent de leurs maigres connaissances pour draguer. Donnez les coordonnées de votre site, si vous avez des contacts en commun faites vous recommander.

Enfin n’oubliez pas que vos portfolio sont vos vitrines. Si vous ne présentez que ce que j’appelle des photos « marketing », c’est à dire correspondant aux critères et aux normes, vous ne pourrez pas présenter la large palette de vos talents, et cela n’incitera pas les personnes éventuellement intéressées à s’identifier, à se projeter à la place du modèle ; le contraste peut être brutal entre ce qui est vu dans les photos et ce qui est perçu de soi même.
Présentez un peu de tout ce que vous savez faire, que ce soit du portrait de rue, de la photo boudoir, de charme, érotique, de chiens et chats, que sais-je. N’occultez pas une partie de ce que vous faites juste parce que cela vous semble moins en ligne, assumez votre univers dans son ensemble.

Cela peut vous paraître dur et partial, mais je pense que l’argument « oui mais c’est ce qui attire, ce qu’on nous demande, ce qu’on nous achète » que j’ai entendu maintes fois chez certains pour justifier de ne pas présenter de choses plus originales, cet argument là est contre productif, parce qu’au final, il vous cantonne dans une catégorie bien spécifique, qui avouons le est plus que saturée.

Pour les modèles, la partie la plus difficile sera de prendre confiance et se lancer.

Prenez le temps : de définir ce que vous souhaitez exactement, d’explorer les albums des photographes. Ne vous focalisez pas sur les modèles présentés, d’une part ils ne sont pas vous, d’autre part, quel intérêt de ressembler à quelqu’un d’autre que vous même?
Observez plutôt leurs univers, la qualité des images, la façon dont ils utilisent la lumière, les mises en scène, si l’une de leurs séries vous touche. C’est là que vous saurez qu’un photographe pourra éventuellement vous convenir, dans sa patte, sa sensibilité, sa technique et son talent.

Aucun photographe ne pourra vous faire ressembler à un.e top modèle si vous n’en êtes pas. Mais un bon photographe saura vous voir vous, vous mettre en valeur et vous montrer que vous aussi vous pouvez être modèle.

Consultez leur site, vérifiez les références (si vous avez des connaissances communes, sollicitez-les pour un avis), engagez la conversation quand vous vous sentez à l’aise. Cette phase est importante car elle vous permet de réellement « rencontrer » le photographe.

Les belles rencontres artistiques sont possibles, il faut juste s’en donner les moyens.

Vers la diversité ?

Photo

Avez vous remarqué dernièrement les nouvelles campagnes de publicité pour la lingerie et les maillots de bain féminins ? Avez vous senti ce vent de fraîcheur et de naturel qui souffle sur les affiches, balayant doucement des années de dictat de minceur et de beauté formatée ?

Chaque époque historique a eu ses canons de beauté : se balader au Louvre, parmi les siècles, donne tout de suite à voir quelles étaient les « normes » de chaque temps, et force est de constater qu’aucune ne se ressemble : teint, taille, pilosité, tenues, postures, tout y est passé, aussi bien pour les femmes que pour les hommes.

Il serait peut être temps, et j’ose croire que c’est ce vers quoi nous nous dirigeons, de se dire que la beauté est surtout dans l’oeil de celui qui la regarde, et qu’elle est aussi variée et différente que nous le sommes tous.

Que l’on soit mince ou gros.se, grand.e ou petit.e, brun.e ou blond.e, teint pâle ou peau d’ébène, entier.e ou amputé.e, tous nous avons notre beauté personnelle. Celle que certains ne verront pas parce qu’elle ne correspond pas à leurs idéaux, mais que d’autres verront.

A force de vouloir plaire au plus grand nombre, on se perd dans des schémas qui finalement ne correspondent qu’à un petit pourcentage de la population, et on persuade depuis longtemps le reste du monde que c’est ça la beauté, et pas autre chose.

En philosophie, la beauté est très souvent discutée, car tellement subjective que la définir relève de la gageure. Ou de l’arrogance. Car après tout, qui sont ceux qui tentent de nous imposer des normes à ce sujet ? Les artistes ? Je ne pense pas, ils ne font que raconter leur vision du monde. Les publicitaires, pour nous vendre des produits qui n’ont aucun rapport avec le produit? Certainement … mais nous avons nous mêmes la responsabilité d’avoir laissé faire. Et d’entretenir la machine en réagissant par le rejet quand on nous présente des choses différentes.

Alors, si nous commencions par regarder les gens autour de nous, par arrêter de vouloir dire « il est beau, elle est belle » ou « il est moche, elle est moche », et considérons les gens pour la somme de ce qu’ils sont.

Et la laideur alors, me direz vous ? Et bien de la même façon, ce genre d’appréciation est très subjectif, et personnel à chacun. Ce que vous trouvez beau peut être d’une laideur repoussante pour d’autres et inversement.
Se garder de vouloir imposer sa vision des choses aux autres est important. Parce qu’à tenter de convaincre les autres que celle là est la bonne, certains cèdent sous la pression, et on se retrouve avec un système qui stigmatise tout ce qui n’entre pas dans ce cadre. A exclure.

Je suis toujours aussi émerveillée en découvrant des artistes tous supports qui ouvrent le esprit plutôt que l’enfermer. Ceux qui vont chercher la lumière là où ils portent leur regard, plutôt que ceux qui veulent mettre en lumière ce qu’ils estiment en être, et reléguer dans l’ombre tout le reste. Une vision bien étriquée des merveilles du monde.

Alors merci à ces artistes de nous mener vers la lumière …